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Des mêmes auteurs

Publication

Directrice
Cécile Thiakane

Relecture & Linguiste
Christian
Ngimout Ikouba

Infographie
Cyrille -Davy Momo

Partenariats
Pascal Chouraqui

Incubation PME
Mariette Jokung

RSE
Blanche Tina

ISBN : 9782322179510
Humanbet Editions
13-15, Avenue des
Gobelins, 75005 Paris
+33 633 084 533

Prof Octave Jokung Nguena

Dr Mathias Mondo

@ 2020 by OJN &MM

Tous droits réservés.

Table des matières

Préface

C’est avec un enthousiasme non dissimulé que j’ai accepté de préfacer ce travail sur la problématique du financement des PME en Afrique. En effet le financement des PME est au centre de ma vie professionnelle depuis une trentaine d’année. Mieux encore, la Pandémie à COVID 19 et les conséquences économique et sociales qu’elle a engendré en Afrique, ont remis le financement des PME au centre de la question de la résilience des économies et des sociétés africaines contemporaines à un moment historique particulier où le modèle économique dominant, ayant pour moteur principal la cupidité, semble incapable de nous conduire vers un monde plus harmonieux et plus vivable pour les générations futures.

Cet ouvrage vient donc de manière très appropriée dans un contexte particulier, où tel un songe qui a été rêvé par d’autres, l’Afrique semble être désormais et comme par hasard, le lieu de toutes les prospectives, la destination de toutes les spéculations économiques et la « dernière frontière » du développement et de l’investissement … Il s’agit aujourd’hui en tant qu’Africain, non seulement de nous approprier ce futur, de cerner ses potentialités, de les faire advenir dans le réel, de manière à ré-enchanter le présent et la socio économie ; mais aussi et surtout, il s’agit d’investir le champ de l’imaginaire, d’envelopper les possibles de nos propres métaphores, sans toutefois dénier à l’exigence scientifique et méthodologique sa primauté, dans le processus opérationnel qui doit mener au succès quand il s’agit de projet économique, de création d’entreprise ou de PME.

Ce travail arrive comme une lumière sur un échiquier établi dans une chambre obscure, où les afro pessimistes disputent les augures et présages aux afro optimistes. Ce livre, nous édifie de manière exceptionnelle sur la question du risque, des processus d’identification, de gestion, de maîtrise des risques et tout particulièrement dans le secteur de la PME avec son exigence de modernisation. La modernisation doit ici être prise dans son sens authentique à savoir adaptation au temps et l’espace précis où elle survient et non pas simple copie de pratiques venues d’autres contextes la PME africaine s’envisage ici, comme le creuset et le levier de la modernisation de nos pays, avec un angle différent de celui convenu habituellement, afin d’en garantir la pérennité. L’économie de type capitalistique (puisqu’il n’y a pour le moment pas d’autres modèles dominants…), porte toujours un certain nombre d’invariants majeurs : la propriété privé des moyens de production, le travail créateur de valeur, le marché, la concurrence, l’organisation, l’environnement et surtout la gestion du risque…

Ce livre est une invitation à un voyage initiatique à travers le monde de l’incertitude économique et celui du risque en abordant la PME africaine à travers, son capital humain et son contexte spatio-temporel. Les auteurs questionnent et font parler l’esprit d’entreprise. Ils s’épanchent sur ledit esprit d’entreprise en le plaçant dans le contexte si particulier de l’Afrique, tout en recherchant les clés qui mènent à une meilleure analyse de risques, donc à une meilleure gestion du risque et finalement à une assurance du succès.

Le Professeur JOKUNG et le Docteur MONDO, soulignent parfaitement le paradoxe de l’homme Africain tiraillé entre la tradition séculaire du continent et la nécessaire adaptation au monde actuel où les risques et les opportunités s’entrechoquent, pour donner naissance à un contexte tout à fait inédit. La présentation d’une taxinomie du « risque PME » autorisant une meilleure appréhension des risques auxquels les PME sont confrontées, permet surtout, l’édification d’une méthodologie idoine, conduisant à la maîtrise desdits risques et autorisant la modernisation de la PME africaine. Ce livre décline en concepts opérationnels, les nouvelles méthodes utilisées dans la PME pour établir la cartographie des risques, construire le catalogue des menaces sous-jacentes et pour chaque menace, la mise en œuvre d’un plan de maîtrise dudit risque.

Les auteurs de cet ouvrage, qui sera surtout un outil de travail, ont réussi à démontrer la primauté du développement du capital humain et de la prise de risque intelligent, pour garantir la réussite de la PME africaine, dans un environnement en totale mutation, tenu de toutes parts, par la révolution digitale, la révolution de l’énergie, la globalisation et une dynamique démographique exceptionnelle qui profile la population africaine à plus de milliard à l’horizon C’est vers le paradigme du risque que les auteurs, forts de la diversité de leurs expériences, nous transportent dans cette pérégrination où la tradition ancestrale côtoie les générations X et Y dans un espace multiforme où « l’androïdité » et son monde du partage, le conservatisme, le conformisme, le désir de la transposition à l’identique des modèles importés, l’extraversion obsessionnelle et le progrès se disputent les places d’honneur.

L’ambition de ce livre est de nous apporter des réponses claires, précises et opérationnelles aux questionnements qui animent la PME africaine dans sa tentative de modernisation, de création de richesse et de progrès social, voire sociétal. Le recours à l’approche systémique proposée ici permet de globaliser et d’intégrer une démarche de modernisation de la PME africaine qui identifie, valorise et traite le « Risque PME » dans son entièreté et dans sa spécificité. Cette spécificité s’articule essentiellement autour de la distance hiérarchique, la masculinité, la tolérance pour l’ambigüité, et le rapport relatif au temps. La maîtrise des processus et la connaissance du capital humain, dans un contexte social compliqué et opportuniste, permettent à la jeune PME africaine de réaliser ses objectifs de création de richesses. Cette mutation est à la portée des promoteurs, des porteurs de projets et des entrepreneurs, à condition qu’elle respecte les canons de la gestion moderne, tout en les adaptant judicieusement à la culture ambiante.

Cet ouvrage était attendu des opérateurs économiques africains, convaincus que l’émergence du continent éponyme, passera par le développement d’une multitude de PME aux accents différents, mais animées de la même quête de création de valeurs. Cet ouvrage était attendu des opérateurs économiques africains, convaincus que l’émergence du continent éponyme, passera par le développement d’une multitude de PME aux accents différents, mais animées de la même quête de création de valeurs. Ce faisant, les PME africaines joueraient leur rôle de moteur du développement et participeraient ainsi, à l’édification d’un monde qui pourra ainsi être, centré vers l’homme et où l’individu serait au service de la communauté au sens large. Cette disposition originale, viendrait alors en contre phase d’un capitalisme enfermé dans son acception financière, qui a fini, par son exploitation frénétique et marchande de toutes les composantes de la vie humaine, par créer le profonds doutes dans l’esprit des plus optimistes. Ces indispensables leviers de progrès sociétal et économique, donneront un sens à la quête du profit ; mais surtout, à la nécessaire redistribution des richesses postérieurement à leur création, dans un climat social apaisé, une telle vision du monde favoriserait l’avènement d’une socio économie soucieuse d’un triangle essentiel où se côtoieraient respectivement sur chaque côté, en intelligence productive : l’économique, le culturel et le spirituel.

Celui qui lira cet ouvrage, pénètrera dans un univers quasi onirique dont les frontières mouvantes seront redéfinies. Il évoluera aussi dans un contexte où, l’appréhension commune du risque, autorisera la démystification de l’incertitude qui caractérise nos sociétés africaines. Bien évidemment, les porteurs de projets, les entrepreneurs et les gestionnaires d’entreprise trouveront dans ces pages, non seulement l’illustration de leurs problématiques de pérennité et de création de valeurs, mais surtout, les réponses qu’ils attendent et qu’ils pourront mettre en application, grâce à la méthodologie décrite et illustrée, dans cet ouvrage.

La contribution de ce travail dense et passionnant du Professeur JOKUNG et le Docteur MONDO, à l’édification d’une société meilleure, caractérisée par un développement harmonieux s’appuyant sur la PME, doit être louée à sa juste valeur. . Cet ouvrage milite ainsi pour que la PME s’érige en creuset de l’excellence, dans l’objectif majeur d’émergence du continent africain.

On peut se permettre de rêver. Et si l’Afrique mère de l’humanité représentait beaucoup plus que la « dernière frontière » du développement mais le premier pas de l’Homme vers une société plus harmonieuse par son équilibre entre économie, spiritualité et préservation de la nature ?

Nelson Mandela disait à juste titre que la pauvreté n’était pas une fatalité mais le résultat d’une construction politique particulière. Ainsi donc, tant que la pauvreté n’aura pas été éradiquée de la surface de la terre, on constatera pour le déplorer que les constructions politiques restent à parfaire.

Ferdinand NGON KEMOUN

Introduction

La globalisation et l’interdépendance des économies participent à la création d’un contexte favorable à l’éclosion des risques connus, mais également, à l’apparition de nouveaux risques, notamment en Afrique. Ces actions sont, sur le continent africain, exacerbées par la prégnance du contexte économique, social, politique et surtout culturel. Ce faisant, les méthodes classiques de gestion des risques initiées en Occident ne peuvent, à elles seules, convenir à une PME évoluant sur le continent africain. Dès lors, il s’avère nécessaire de proposer des méthodologies spécifiques et innovantes adaptées au contexte mutant et à la dynamique particulièrement incertaine du continent africain. Toutefois, faisant partie intégrante de la mondialisation, les PME « africaines » doivent se moderniser ; en adoptant, mais surtout en adaptant les canons mondiaux dans un souci réel d’adaptation et non uniquement de transposition. Il est ici question de l’Afro responsabilité de chaque acteur du développement en Afrique. Ce qui est avéré pour le management des PME au sens général l’est également pour la gestion des risques au sein des PME. En l’occurrence l’échec de l’adoption du mode degestion occidental par le continent africain est révélateur. Cette problématique est d’autant plus complexe que, les risques qu’il est ici question de gérer, sont généralement les résultantes de choix stratégiques déduits d’une batterie d’hypothèses ou induits par l’environnement. Cette constatation est d’autant plus valable pour la PME « africaine » que, celle-ci évolue au sein d’une culture qui lui est propre. Les managers de la PME « africaine », quant à eux, se doivent inéluctablement d’intégrer cette dimension dans leur gestion quotidienne et simultanément appliquer les préceptes de la gestion occidentale sous peine de détruire de la valeur. Il est donc impératif d’inclure dans la gestion des risques les caractères représentatifs que constituent la distance hiérarchique, le contrôle de l’incertitude, la masculinité rehaussés de l’appartenance communautaire. Par conséquent, le management de la PME « africaine » requiert l’adoption d’un management global des risques comme ossature de l’organisation, car évoluant dans un contexte complexe, en l’occurrence celui du continent africain. L’objectif n’est pas de nier les contingences africaines ou de les sacrifier sur l’autel de la « modernité », mais bien plus, de les saisir dans leur réalité afin de voir dans quelle mesure, lesdites contingences pourraient se transformer en leviers déterminants, pour la maîtrise des risques et par voie de conséquence, au niveau de la création de valeur.

Il est à parier que si l’on interroge plusieurs opérateurs économiques exerçant sur le territoire africain quant à la prise en compte de la dimension risque dans leur gestion quotidienne ou dans leurs prises de décisions stratégiques, ils répondront invariablement par l’affirmative. Mais à la question de savoir quelle méthodologie ils utilisent, une minorité évoque les contrats d’assurance tandis que, la majorité avoue son ignorance sur ce sujet. De plus, l’on constate que ceux qui prennent effectivement en considération le risque, appartiennent majoritairement aux entreprises étrangères. Tout ceci démontre, si besoin en était, l’urgence et l’ampleur de la tâche à accomplir pour que les dirigeants des PME « africaines » s’approprient la nécessité de gérer les risques tout en acceptant les réalités locales. Bien souvent, le seul risque, selon leur perception, est celui lié à leur chiffre d’affaires et plus précisément la crainte de voir leurs clients faillir à leurs engagements. Cette perception correspond à une vision restreinte en termes de gestion des risques, car les risques font partie intégrante du fonctionnement de la PME et ne se limitent pas aux seuls clients. Ils concernent toutes les parties prenantes - « stakeholders » - que sont les employés, les fournisseurs, les clients, les créanciers, les propriétaires et la communauté. Nonobstant cette prise de conscience, malgré tout minimaliste, peu d’entreprises « africaines » procèdent à la réduction du risque « clients » d’une part et d’autre part, le continent africain brille par le nombre réduit d’entreprises de factoring.

Drôle de paradoxe !

Partant de ces constats, l’objectif du présent ouvrage est de participer à l’édifica-tion d’une méthodologie de gestion des risques simultanément globale et intégrée dans le contexte particulier du continent africain. Il s’agit en quelque sorte d’« africaniser » le management des risques. Le propos est par conséquent d’initier une rencontre, voire un échange, entre les valeurs de la culture africaine d’une part, et les exigences de la gestion des risques d’autre part, et ce au sein de la PME « africaine ». Dans cette acceptation, la PME « africaine » désigne autant la filiale d’une entreprise étrangère évoluant sur le continent africain qu’une entreprise créée par des autochtones. L’africanité relève exclusivement, par ce fait, de la localisation.

Nous démontrons qu’en dépit de l’afro-pessimisme ambiant et de la situation sociale, politique et économique actuelle, déplorable à certains égards, qu’il est possible en Afrique à une véritable gestion des risques. Cet exercice est rendu possible, en se gardant des idées reçues sur l’Africain mais aussi, en intégrant la dimension culturelle locale dont la richesse et la diversité, ne sont plus à clamer.